Né dans les années 1950 à Johannesburg, le pantsula est la danse contestataire des townships sud-africains, créée sous l'apartheid pour affirmer une identité et résister. Pieds qui tournent, traînent et frappent, jeu des mains, des accessoires et de la voix sur des rythmes kwaito et house associée à des sifflets : pantsula c'est une révolution qui se danse.
La Cie Carré Blanc et Ubuntu Arts Empowerment réunissent des interprètes sud-africains pour inventer une nouvelle écriture chorégraphique de cette forme urbaine. Sous la direction de Yane Corfa, Michèle Dhallu et Charles Siphiwe Mafafane - figure majeure du pantsula - Pantsula Jive célèbre l'énergie et la fougue d'une danse qui unit, revendique et construit.
Le pantsula c'est quoi ?
« Parce que le Pantsula est une danse de l’énergie et de la fougue de la jeunesse
Parce qu’elle conteste, s’oppose, affronte
Parce qu’elle revendique une identité et des droits
Parce qu’elle est un espace de liberté
Parce qu’elle se met au service de la communauté avant tout, réinvestissant son immense énergie pour construire un avenir aux jeunes sud-africains
Parce qu’elle unit, partage et divulgue le positif
Parce qu’elle vient de et vit dans la rue, l’espace de toutes et tous
Parce que danser est un « divertissant » acte politique »
Née à Sophiatown, quartier mixte et bouillonnant rasé en 1955 par le régime d'apartheid, le pantsula est d'abord une danse de résistance et de contestation : une façon de s'opposer à l'ordre établi, de se parler sans être compris des autorités. Son principe n'a pas changé depuis soixante-dix ans : transcender les gestes du quotidien en chorégraphie. Héler un taxi, lancer des dés, esquiver la police, tout devient mouvement. Jeu de jambes rythmique, sifflements, corps qui se démantibule : une virtuosité qui se déguise en naturel.
Dans ses racines se croisent danses tribales, gumboot des mines du Gauteng et lindy hop de la Harlem Renaissance. Aujourd'hui, des milliers de danseurs gravitent autour d'une centaine de crews à Johannesburg seule. Car le pantsula n'est pas qu'une danse : c'est également une façon d'offrir aux jeunes des townships un autre chemin. Une révolution dans les mentalités.